Contre les PFAS, la Gondoire peut devenir site pilote...
L’Association Coteau & Vallée de la Marne intensifie son combat contre la pollution persistante aux PFAS dans le ru de la Gondoire. Après deux échecs auprès des autorités, elle propose à l’Agence Nationale de Sécurité Sanitaire (ANSES) de transformer la Gondoire et sa région en un site pilote pour l’étude et la surveillance des « polluants éternels ».
Le ru de la Gondoire, qui coule sur 12 km, est loin d’être un cours d’eau ordinaire. Il est, depuis des décennies, sous l’emprise d’une contamination significative et persistante aux PFAS (substances per- et polyfluoroalkylées), ces « polluants éternels ».
Face à la menace sur les sols, les nappes phréatiques, les cultures et la santé des riverains, l’Association Coteau & Vallée de la Marne (CVM) a multiplié les alertes.
Des appels restés sans écho
Les premières tentatives de l’association pour obtenir des actions concrètes se sont heurtées au silence des pouvoirs publics. En juin 2025, CVM a d’abord adressé un courrier au Préfet de Seine-et-Marne, Pierre Ory, réclamant des investigations approfondies : cartographie des sources potentielles de PFAS et étude de l’imprégnation des populations. Ce signalement est resté sans réponse.
Quelques semaines plus tard, l’association a soumis à l’INERIS (Institut national de l’environnement industriel et des risques) une proposition : faire de la Gondoire un « site pilote » et un laboratoire à ciel ouvert. Une initiative qui visait à offrir un terrain d’étude grandeur nature du comportement des PFAS, mais qui, elle aussi, n’a pas abouti.
La Gondoire, terrain d’expérimentation unique...
Malgré ces revers, CVM fait preuve de ténacité. Le 22 octobre 2025, elle a relancé son projet auprès de l’ANSES. Cette démarche intervient opportunément, juste après la publication de l’Avis n°2022-SA-0198 (1) de l’Agence, qui insiste sur la nécessité de surveiller et de caractériser les PFAS, notamment dans les zones à contamination caractérisée comme la Gondoire.
Pour l’association, la Gondoire est LE « terrain d’expérimentation unique » que l’ANSES recherche pour affiner sa stratégie de surveillance itérative.
Le projet de l’association s’articule autour de trois objectifs majeurs en résonance avec les besoins de l’ANSES :
– Créer un « laboratoire PFAS » national : Soutenir l’étude de cette zone PCC (contamination caractérisée) pour acquérir des données fondamentales sur la gestion des risques à l’échelle nationale.
– Mettre en œuvre une Surveillance Localisée : Cibler les rejets (aqueux et atmosphériques) des sources industrielles et leurs récepteurs (eau, sols), comme préconisé par le Groupe de Travail (GT) PFAS de l’ANSES.
– Combler le manque de données sur l’environnement : L’ANSES ayant identifié un manque « flagrant » de données sur les compartiments sols, air, et poussières, CVM réclame :
- L’application immédiate de l’arrêté ministériel d’octobre 2024 imposant la mesure des rejets atmosphériques des incinérateurs (en cours pour le SIAM).
- Une vaste campagne de prélèvements pour cartographier la pollution des sols et des sédiments.
- La réalisation urgente d’une étude épidémiologique sur l’imprégnation des populations vivant à proximité, soulignant l’impact sanitaire à long terme.
L’Association Coteau & Vallée de la Marne s’est adressée par courrier à la Directrice générale de l’ANSES. Elle demande à l’Agence de prendre en charge ce projet sur la Gondoire et d’utiliser son poids à l’échelle européenne. L’ANSES étant un acteur clé dans un grand programme de recherche européen (appelé PARC), l’association espère qu’elle pourra faire intégrer le site de la Gondoire à ce programme. L’objectif est simple : obtenir les budgets et les experts nécessaires pour financer toutes les analyses et les études de santé réclamées.
(1) https://drive.google.com/file/d/1ml8JxNUq26jDkjWJgKku4Q-HzSc0_mkl/view?usp=drivesdk